Edito

 « L’homme n’est pleinement lui-même que quand il joue. »

Friedrich Schiller

Et tout d’un coup – droit –, le souvenir m’est apparu.

Le parfum boisé de ma mini-raquette, mélangé à l’odeur enivrante du feutre jaune de la petite balle. Plutôt caressée que frappée, pour éviter qu’elle ne m’échappe, car la porte du garage est aussi capricieuse que le jokari est fragile.

Ma raquette en bois est bientôt devenue trop petite ou moi trop grand.

Et quelques légères rides ont été déposées sur l’enfance.

Déjà vient le temps de la compétition.

Place au format long, dans la cour des grands dorénavant.

Même odeur, avec ce supplément de fragrance printanière que diffuse la brique pilée.

De guerre lasse et sans doute quelque peu désarmé, je délaisse les courts et découvre le terrain plus apaisant de la lecture.

Très vite, le fruit de mes lectures me donne envie de les partager.

Me voilà d’un seul coup reparti sur les courts.

Mes adversaires deviennent mes partenaires.

Ils m’offrent d’innombrables trajectoires de balles, empreintes de leur caractère – car elles en sont souvent le reflet –, c’est désormais l’échange qui anime le terrain de jeu. La petite sphère jaune qu’on aime tant virevolte. Chaque joueur, tel un écrivain muni de sa plume, lui imprime un peu de son âme, tantôt violente, tantôt si délicate.

Et l’échange se prolonge en dehors des courts.

Échanges de sourires, de complicités, de « points » de vue sur la vie et le monde, entre autres « envolées ».

La langue se délie d’autant mieux lorsqu’on vient de manier la raquette.

Sans doute une question de fluidité et de mouvement.

Les beaux gestes convoqueraient-ils les jolis mots ?

L’espace de jeu est désormais infini.

Sauf que le temps galope à présent.

J’en ralentis donc le cours.

Pour le rendre plus long, plus serein, plus fécond.

Le temps de réunir une équipe d’amoureux du geste harmonieux et du français chatoyant, qui a eu le talent de tracer, le temps d’un hiver, les contours d’un grand et long court.

Assez grand pour accueillir, au gré des saisons et de ses couleurs ocre, vertes et bleues, des échanges au plus long cours. Et vous offrir un brin d’écume et quelques instantanés sur la déferlante du temps.

Ma jeune équipe et moi voudrions que nos Courts deviennent aussi les vôtres.

Tout au long de nos lignes, écrites à la craie blanche.

Sous le signe de la légèreté et de l’insouciance.

Montez sur nos courts,

Et puis,

Jouez,

Échangez.

Et plus encore, lisez – c’est notre voeu – ces pages que nous vous offrons en partage !

 

Laurent Van Reepinghen
Fondateur et rédacteur en chef

/!\ error getUserIDFromUserName. /!\ error empty username or access token.