Rio Open

La cité merveilleuse

Depuis la victoire de Gustavo Kuerten Porte d’Auteuil, en 1997, le tennis brésilien connaît un développement sans précédent. Une phase de croissance symbolisée par des joueurs iconiques, mais aussi l’attrait d’un territoire. Depuis 2014, le Brésil accueille chaque année l’ATP 500 de Rio. Un nouveau-né sur le circuit, déjà devenu un rendez-vous incontournable de la Golden Swing, et de la tournée internationale. Une mise en bouche de la saison sur ocre, qui attire chaque année les terriens en recherche de sensations.

Par Matthieu Giboire

Quadra Guga Kuerten

 

Jockey Club de Rio, maison du divertissement

Plus grand tournoi sud-américain, le Rio Open évolue dans un cadre magnifique ! Situé dans le complexe du Jockey Club de Rio, au sein du quartier huppé de Gavea, l’évènement brésilien bénéficie d’une des plus grosses structures sportives du pays. Le club s’étend sur 640 000 m², compte 20 000 associés, écoles, théâtres, mais aussi galeries d’art, et restaurants.
Doté de neuf courts en terre battue, la section tennis du Jockey Club offre un confort unique pour joueurs, spectateurs et acteurs proches du tournoi. Le central, quant à lui, peut accueillir 6 200 spectateurs. Cochée dans le calendrier par les puristes, la terre aussi hostile qu’enivrante du Rio Open est une référence de ce début de saison.

 

« En trois ans, l’Open de Rio s’est non seulement confirmé comme le plus grand événement du calendrier sportif brésilien, mais a également acquis un prestige et une reconnaissance indiscutables. » – Marcia Casz, Rio Open

 

L’un des défis du tournoi brésilien est d’attirer les meilleurs noms du tennis mondial. Rafael Nadal, David Ferrer, Dominic Thiem… Tous ont un jour posé leurs valises dans l’hippodrome. Car Rio De Janeiro est une attraction à elle seule : manifestations culturelles, climat mais aussi tourisme ; la deuxième plus grande ville du pays est désireuse d’être également un lien d’élévateur social.

Outre son plateau sportif des plus garnis, l’ATP de Rio cherche constamment à faire la promotion du tennis local. Chaque année, six jeunes sont sélectionnés pour bénéficier d’un stage à l’IMG Academy de Nick Bollettieri, en Floride.

 

« Depuis notre première année, en 2014, Rio Open soutient, à Rio de Janeiro, d’importants projets sociaux qui utilisent le sport comme outil de développement et inclusion sociale. Nous travaillons toujours à étendre notre mission, et ce partenariat avec IMG Academy est une grande étape. Notre intention est d’encourager les enfants à continuer à pratiquer notre sport afin qu’à l’avenir, ils peuvent être champions à l’intérieur et à l’extérieur des courts. » – Luiz Carvalho, Directeur Rio Open

 

Dominic Thiem (AUT)

 

Promotion du tennis local

Le Brésil attend son nouveau « Guga ». Triple vainqueur de Roland Garros et ancien numéro 1 mondial, Kuerten est la tête de gondole d’une génération qui peine à s’imposer. En otage, d’une politique directive, le tennis brésilien souffre d’une méthode de formation partielle. La formation des jeunes est un chantier sur lequel plane un manque de bases et de nombreux  a prioris. Confrontés très tôt aux difficultés du milieu, le taux de perte des joueurs âgés de 18 à 25 ans est énorme. Pour y remédier, les tournois locaux et la fédération délivrent des invitations aux plus jeunes espoirs du pays.
Le Rio Open est une pièce fondamentale au développement du tennis brésilien. Il permet de donner goût aux plus jeunes, mais aussi attirer un public de différents horizons.

 

« Ce qui manque ce sont des bases, des centres d’entraînements nationaux. Les jeunes ont besoin d’émulation pour progresser, de points de repères représentés par des pros déjà installés. Un peu comme au foot, où les meilleurs vont soit au Flamengo, soit au Fluminense. Ce n’est pas spécifique aux Brésiliens. Les Argentins ont les mêmes difficultés mais ils sont plus vaillants, plus courageux au moment d’affronter les moments difficiles. » – Gustavo Kuerten

 

David Schwartzman (ARG) e Guga Kuerten

 

L’arrivée de l’arbitrage vidéo

Mis en place depuis 2006, l’arbitrage vidéo fait partie intégrante des rencontres sur toutes les surfaces, exceptée la terre battue. L’ATP a finalement décidé d’y remédier. La vidéo donc faire son apparition sur ocre dès le tournoi de Rio 2020. Elle sera également utilisée sur un prochain ATP 250, et un Masters 1000. Après une expérimentation sur le circuit challenger en 2019, c’est désormais sur le circuit principal que le produit sera testé, sans limite de challenge. Un système que bon nombre de joueurs réclamaient depuis plusieurs années.

 

« Bien évidemment qu’il faut le Hawk-Eye (sur terre battue) ! On voit à la télévision des balles qui sont jugées bonnes et le Hawk-Eye nous montre qu’elles sont fautes. Il y a toujours un petit espace entre la ligne, un espèce de petit calcaire et on ne sait pas vraiment si c’est dehors ou non. Je trouve que c’est dommage de laisser ça à l’appréciation de l’arbitre, alors qu’on a les moyens de faire comme sur dur. Avec la vidéo et des caméras pour savoir comment est la balle, il n’y aurait pas de débat et on passerait au point suivant. » – Adrian Mannarino

 

Contrairement à d’autres systèmes, comme Hawk-Eye, où le trajet de la balle est reconstitué virtuellement, FoxTenn génère ses résultats en utilisant la trajectoire réelle enregistrée par des caméras haute résolution. La marge d’erreur est donc réduite, pour se rapprocher de l’infime. Le niveau de précision est garanti par l’utilisation de plus de 40 caméras capables de générer plus de 100 000 images par seconde, 100 fois plus que le système traditionnel.

La tournée internationale de février est une période dure à comprendre pour les suiveurs de tennis. On y trouve un pêle-mêle de tournois, surfaces, mais aussi continents. Au milieu de ce grand désordre, le Rio Open a su se frayer une place de choix dans le calendrier ATP. Du fait de son cadre, son plateau et l’investissement de ses organisateurs, l’ocre brésilienne voit grand et espère intégrer prochainement le cercle fermé des Masters 1000.